
Il y a près de deux siècles, le roi Kamehameha II (Liholiho) et la reine Kamāmalu du royaume d’Hawaï débarquaient en Grande‑Bretagne. Leur voyage diplomatique, tragiquement interrompu par la maladie, allait pourtant sceller durablement les relations entre les deux monarchies.
C’est sur cet épisode fondateur que s’ouvre la prochaine exposition du British Museum, présentée jusqu’au 25 mai : Hawaiʻi: a kingdom crossing oceans.
Au‑delà des portraits, des lettres, des présents échangés et des récits de rencontres officielles, l’exposition met en lumière les arts de cour hawaïens : parures de plumes, objets royaux, capes et insignes de pouvoir. Ces œuvres sont replacées dans leur contexte politique, celui d’un royaume structuré, hiérarchisé, doté d’une diplomatie active. L’ensemble entend restituer les circulations transocéaniques, les alliances, les tensions et les résistances qui ont façonné Hawaï au XIXᵉ siècle, et redonner à ce royaume insulaire la place qui fut la sienne dans l’histoire globale.

Sur le beau portrait des époux, on remarque le casque mahiole hulu manu du roi mais surtout porté au cou de la belle Liliha, le lei niho palaoa, composé d’une dent de cachalot en forme de crochet et de mèches de cheveux humains, semblable à cet exemplaire conservé au British museum.

En réunissant ces objets d’apparat, ces récits de voyage et ces symboles de pouvoir, le musée invite à regarder Hawaï non comme une périphérie lointaine, mais comme un acteur dans les échanges mondiaux. Une manière de rappeler qu’au-delà des océans, les royaumes dialoguent, se rencontrent — et parfois se transforment… Une exposition donc à découvrir prochainement.
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