
Rassemblant plus d’une centaine d’œuvres réalisées entre les années 1990 et 2000, le Musée de Lodève consacre sa saison printemps-été 2026 à l’art des Aborigènes d’Australie (18 avril-30août). Peintures monumentales, sculptures, troncs funéraires, œuvres sur écorce… L’exposition Le Temps du Rêve invite à parcourir un continent spirituel, à la fois lointain et étonnamment proche dans sa manière de penser le lien entre humains, terre et mémoire.
Dans une ville comme Lodève, où le musée dialogue depuis toujours avec les paysages du Lodévois et du Larzac, cette exposition résonne avec une force particulière. Les Aborigènes nous rappellent qu’« une autre relation au territoire, à la Terre, est possible, où l’Homme ne possède pas la Terre, mais vit en symbiose avec celle-ci » (dossier de presse). Ce renversement de perspective — humble, poétique, radical — irrigue tout le parcours.
L’exposition s’organise autour de trois grands thèmes, qui ne sont pas des catégories mais des forces en mouvement, intimement liées.

Country – la Terre comme être vivant : Country, c’est une présence, une entité vivante à laquelle on appartient, que l’on soigne, que l’on écoute. Les artistes le disent avec des lignes vibrantes, des points, des hachures, des motifs claniques ou des cartes sensibles du territoire. « Country est perçu comme une présence vivante – un être auquel les personnes appartiennent, tout comme une mère, un ancêtre. »
Création — les récits fondateurs inscrits dans la terre : Les récits du Temps du Rêve — Tjukurrpa en Australie centrale, Wangarr en Arnhem Land — ne racontent pas un passé lointain : ils sont toujours actifs. Ils façonnent les montagnes, les points d’eau, les dunes, les traces animales. « Chaque point d’eau a une chanson… Chaque lieu a une histoire. »
Les peintures deviennent alors des cartes-mémoires, des archives vivantes où se superposent géographie, loi, parenté, cosmologie.
Ceremony — le geste qui maintient la vie : Danse, chant, peinture corporelle, performance rituelle : la cérémonie est ce qui actualise les récits fondateurs et maintient l’équilibre du monde.Les troncs funéraires peints, les poteaux Morning Star, les motifs corporels évoqués dans l’exposition témoignent de cette puissance du rituel, où l’art n’est jamais décoratif mais vital. La cérémonie « renouvelle la force vitale de la terre et guide l’esprit des défunts vers le domaine ancestral ».

Cette exposition réunit des œuvres de la collection Klein et met en lumière des artistes essentiels — Ronnie Tjampitjinpa, Mick Namarari Tjapaltjarri, Queenie McKenzie — rarement visibles en France.
Elle est une invitation à ralentir et à découvrir une autre manière d’être au monde en suivant les pistes qui se déploient.

Le dossier de presse permet d’aller plus loin : il offre un éclairage précis sur les œuvres, les artistes et les trois grands thèmes de l’exposition, mais aussi sur la diversité des traditions régionales et l’histoire de la collection Klein.
On y découvre également l’ensemble des rendez‑vous proposés autour de Le Temps du Rêve
Télécharger le dossier de presse
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