Les to’o à Tahiti

Too_hooper_160De fil en aiguilles… Les billets écrits récemment sur les mannequins funéraires du Vanuatu, puis sur les niombo Bwende en République Démocratique du Congo, découlent d’une réflexion qui à la base était centrée non pas sur des enveloppes anthropomorphes reliquaires mais plutôt sur les enveloppes des dieux en Polynésie…
Plus précisément sur les îles de la Société. Ces dernières avaient adopté un système politique hiérarchique dans lequel les Ari’i étaient les chefs principaux, aînés des branches aînées.
Tahiti était divisée en vastes circonscriptions, chacune gouvernée par un chef suprême; les circonscriptions elles-mêmes partagées en districts avec à leur tête un chef.
Intrication du religieux et du politique : les Ari’i étaient en relation avec les dieux par l’intermédiaire d’objets et notamment les to’o.
Ces derniers consistaient (généralement) en une armature de bois recouverte d’un lacis étroit de sennit (tressage fin de cordelettes de fibres de coco), de diverses couches de tapa enroulées avec des plumes rouges.

Univ_glasgow_160 Parfois, des traits humains étaient figurés à la surface de l’enveloppe : bouche, nez, yeux, bras, mains, nombril.
L’objet appartenait à la famille et était conservé dans le marae, gardé dans un coffre sacré.
Le to’o constituait une matérialisation du divin, une «personnification» du Dieu ’Oro, à la fois dieu de la guerre et de la fertilité.
Ces objets sont intéressants à plus d’un titre et questionnent :
De quelle manière, un bâton (quant il existait) enveloppé de la sorte pouvait-il constituer une représentation du divin ?
Qu’est-ce qui pouvait rendre sacré cet objet ?
Quel rôle jouait la cérémonie annuelle appelée Pa’iatua (litt. de «l’enveloppement des dieux» ) au cours de laquelle le to’o de chaque marae était dépouillé de son enveloppe qui était renouvelée ?

Photo 1 : The British Museum, London in Hooper, S., 2007, Pacific Encounters. © courtesy of the Trustees of The British Museum.
Photo 2 : Université de Glasgow, © Johnson.

Un commentaire sur “Les to’o à Tahiti

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  1. Plus je te lis, plus je t’écoute, plus j’aime l’art que tu défends avec tant d’enthousiasme, qui du reste n’a pas besoin d’être défendu, tant il est constitué d’objets, d’oeuvres magnifiques, du travail d’artistes inconnus, ayant un doigté, un savoir faire virtuose.
    Il m’importe peu de ne pas arriver à retenir la provenance ou l’origine de celles-ci, je les regarde avec curiosité et admiration devant tant d’ingéniosité.

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