Terre d’Arnhem

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Sur le blog et notamment pour les arts d’Afrique, j’ai souvent cheminé le long des cartes géographiques.
Si cette manière de procéder n’a aucun fondement ethnologique valide, ni ne permet des identifications ou rapprochements de styles entre les oeuvres puisqu’il n’existe généralement pas de correspondance style/peuple; elle me permet néanmoins de dérouler une logique qui tient plus de celle du défricheur que de l’amateur d’art (au sens du “connaisseur”).
Toutefois en Terre d’Arnhem, ce cheminement peut révéler des significations dans la mesure où la diffusion des styles s’est opérée au sein de familles, de communautés.
Certains artistes ont acquis le droit de peindre tel ou tel thème propre à la moitié Dua ou Yirritja à laquelle ils appartiennent. Mais aussi, par le jeu des alliances, des individus ont été habilités à peindre des thèmes appartenant à l’autre moitié.

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Ainsi, dans ce périple, partis du large de la Terre d’Arnhem, au Nord Ouest, où se situent les îles Melville et Bathurst (les Tiwi), nous avons découvert le parc national de Kakadu et évoqué les peintures pariétales, puis l’île Croker et Oenpelli, avons noté l’importance du groupe Gunwinggu (Kunwinjku) avec Yirrawala, mais aussi Midjau-Midjawu; le début des peintures sur écorce.
Les sujets des peintures reprennent des thèmes récurrents : les mimi, le serpent arc-en-ciel, Namarwon, les peintures de cérémonies… et l’histoire des soeurs Wawilak.
Dans la région centrale du Nord de la Terre d’Arnheim, les centres importants de la peinture sur écorce sont l’île de Milingimbi, Ramingining et Maningrinda. Plus à l’Est, nous arriverons à Yirrkala.
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Ici, c’est à Ramingining que nous nous arrêtons avec ces deux peintures. Elles ont été réalisées par David Malangi qui fut, dès les années 60, une personnalité importante de cette communauté, appartenant lui-même au groupe Manarrngu, moitié Dua.
L’une des scènes célèbres qu’il peignit pour la première fois en 1963, fut Cérémonie funéraire qui est figurée ci-dessus. En partie inférieure, un mokoy représente un individu décédé du clan.
Il est entouré d’un serpent, d’un joueur de didjeridoo (en rouge, en partie supérieure) et de deux personnages cliquant des bâtons. Un autre personnage découpe un kangourou.
La notice du Musée du Quai Branly précise en outre : “Le quatrième écartèle un kangourou rôti, nourriture destinée aux invités. L’autre nourriture, végétale, est destinée au mokoy. Elle est représentée par des formes diverses, ayant l’aspect de feuilles ou de sorte de paquets aux points multicolores. En son centre deux formes ovoïdes, une hachurée et l’autre avec des points, représentent les bâtons sonores rituels, crées par Djanggawu. C’est dire que ce rite est associé au mythe de ce génie, le plus important pour la moitié dua de la région d’où provient le groupe Manarrngu”.

Photo 1 : David Malangi, Sacred Places at Milmindjarr’, 1982 in Sutton P., Dreamings, The art of Aboriginal Australia. @ South Australian Museum.
Photo 2 : David Malangi, 1963, Musée du Quai Branly.

Un commentaire sur “Terre d’Arnhem

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  1. Cette « Terre d’Arnhem » Australienne dont tu nous parle est nom que je trouve poétique. Il évoque pour moi quelque chose de lointain ou d’imaginaire, comme la « terre du milieu » imaginée par Tolkien.
    Autre chose je vois que tu es aussi sur « Paperblog » … les grands esprits se rencontrent.

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