Ces fantômes blancs de la mer (4)

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Suite et fin du périple de la Crane Expedition dans le Sepik…
Passé la jonction avec la Wogamush River, l’équipage de l’Illirya se met en quête d’un village nommé Kubka. Bien que moins agressifs, les Papous ne semblent pas plus disposés à conduire les hommes blancs dans leur village, probablement craignant pour leurs femmes et leurs cochons, note Schurcliff ! Afin de piquer notre curiosité, il insiste encore sur l’intérêt des artefacts qu’ils ont pu collecter : À leur retour aux États-Unis, lorsque Cornélius et le Dr Moss montreront leurs “trouvailles” du Haut Sepik aux directeurs du Peabody Museum, ceux-ci se montreront réellement enthousiastes !
Le même soir, l’Illyria est parvenu à la jonction de la May River et du Sepik. Schurcliff note : “En voyageant 400 miles depuis l’embouchure du Sepik, nous sommes remontés 40 000 ans en arrière dans la civilisation humaine”. Le lendemain, ce sera l’expédition sur la May River en canoë…
Là encore, les rencontres se répètent avec des villageois à la fois effrayés et violents, désireux d’obtenir du métal, et des Blancs apeurés mais cherchant à rapporter des photos, des objets et des spécimens d’histoire naturelle, achetant pour le Dr. Moss des crânes (interdit par la loi australienne !) ou des couteaux en os, des pagaies, des haches de pierre…

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Les descriptions de Schurcliff sur les “sauvages” qu’il découvre, sont bien naturellement à lire avec nos 90 ans de recul ; tous les clichés sont présents : du Blanc effrayé par les chasseurs de têtes, de celui qui rit de la réaction d’un Papou qui se voit pour la première fois dans un miroir, ou encore qui s’amuse à “faire peur” avec des allumettes…
Retenons la richesse des documents photographiques (et des films), le nombre de spécimens de la faune et de la flore collectés qui sont notamment venus enrichir les collections du Field Museum de Chicago.
Parmi ces documents, il n’existe pas de clichés d’anthropométrie. Il semble qu’il n’y ait pas eu de volonté de classer les peuples rencontrés dans une échelle d’évolution. À lire Schurcliff, on est plutôt en présence d’un récit de voyage de compagnons étonnés de ce qu’ils découvrent et heureux d’avoir pu mener à bien un grand périple.

Ils ont probablement gardé longtemps dans leur mémoire le nom que ces hommes lointains de Papouasie Nouvelle-Guinée leur ont donnés lorsque des sentiments de surprise, de peur et de crainte les agitaient : “Les fantômes blancs de la mer”.

Photos in Jungle Islands de Sidney Schurcliff, 1930.

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