
Qui ne connaît cette célèbre photo qui intrigue d’emblée par l’étrange ornement suspendu dans la nuque du personnage ? Jeudi dernier, à la Galerie Anthony Meyer, une excellente soirée a permis de lever en partie le voile sur ce mystérieux objet, grâce à la brillante présentation de Maël Revaillot consacrée aux charmes de guerre des îles de l’Amirauté.
Deux très beaux exemplaires étaient exposés pour l’occasion (figures ci-dessous).


Après une mise en contexte géographique et historique de ce groupe d’îles appartenant à l’archipel Bismarck, Maël Revaillot nous a présenté un essai de typologie à partir de sources anciennes (A. Bühler 1931-32, H.N. Moseley, H. Nevermann…) et de ses propres hypothèses.
Rien, dans la forme la plus célèbre de ces charmes, ne laisse deviner leur diversité. Une tête de bois sculptée, prolongée de plumes de frégate : voilà ce que l’on retient. Or certains se réduisent à une cordelette tressée de mèches de cheveux, parfois logée dans un étui de fibres, et d’autres reposent sur un os humain qui leur donne leur armature.

Précisons encore que ces charmes étaient fabriqués principalement par le peuple Matankor du nord de l’île de Manus. Ils étaient à la fois des trophées de guerre et un héritage ancestral. Leur fonction était double, protéger physiquement et symboliquement celui qui le portait.

Nous espérons bientôt lire, sous la plume de notre conférencier, un article sur ce sujet aussi beau que complexe.
Pour patientez, vous pouvez télécharger l’ouvrage abondamment illustré du Dr Hans Nevermann (trd. J. Dennison) :
Une véritable mine d’informations sur les cultures des îles de l’Amirauté…
Lire en ligne l’article « On the inhabitants of the Admiralty Islands » in The Journal of the Anthropological institute of Great Britain and Ireland, vol 6 de H.N. Moseley, 1877.
Pour des photographies des îles de l’Amirauté au début du 20ème siècle (la planche 25 montre deux hommes portant des charmes de guerre), télécharger le portfolio de Josef Reiss mis en ligne. (« Après avoir fait un héritage, Josef Reiss partit à l‘aventure et son périple le mena dans l‘archipel Bismarck où il arriva à Rabaul en juin 1912. De Rabaul, il gagna l‘île de Manus en octobre 1912. Il y dirigea la plantation de noix de coco „Brundalis“ pour la mission catholique dans le nord de l‘île. Son talent de photographe ne tarda pas à faire le tour de la colonie. C‘est ainsi qu‘il obtint des commandes de photographie de la société Hernsheim. Josef Reiss a été assassiné en 1920″ sur le site d’Ulrich Kortmann).
En édition papier, vous pouvez consulter l’ouvrage plus récent An ethnology of the Admiralty islanders. The Alfred Bühler Collection, Museum der Kulturen, Basel de Sylvia Ohnemus, 1998, Ed. Barthust sur ses recherches sur les collections de l’anthropologue.
Et encore l’article de Philippe Bourgoin paru dans Tribal Arts, automne/hiver 1998 et le catalogue de l’exposition au Rietberg museum de Rietberg en 2002, The Admiralty Islands.
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