Ce qu’on ne peut pas montrer

Churinga_800

J’évoquais, il y a peu, ces objets sacrés australiens que sont les churinga et la demande des Aborigènes du Désert Central de ne pas donner à voir ces objets cultuels.
Lors de ma récente visite au Pitt Rivers Museum, la tentation était grande de savoir si le musée respectait cette demande, s’il exposait quelque chose ou donnait une explication…
Ce fut donc l’exploration de ces tiroirs merveilleux. Merveilleux parce que sur l’étiquette, vous essayez de deviner ce que ce grand tiroir peut bien contenir et puis après ouverture, vous essayez de comprendre ce qu’il contient : exercice redoutable pour ethnologue en herbe… une autre histoire !
Nous y voilà : les tiroirs C.61.8 et C.61.9 intitulés «Bullroarers, Amulets and Charms & Religious & Ceremonial Artefacts – Australia».

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Une feuille blanche de papier est posée sous la vitre et masque les objets… rien n’est montré.

À défaut de «voir»; on pourra lire un article intéressant sur le sujet des churinga : « Des rhombes et des tjurunga : La question des objets sacrés en Australie ». Alain Testard. 1993. L’homme 125.

Photos © M. F – Images « cliquables ».

4 commentaires sur “Ce qu’on ne peut pas montrer

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  1. J’ai bien lu ton article sur les churinga et ton questionnement sur le respect ou non de la demande des Aborigènes. Mais si le musée veut respecter leur demande pourquoi « frustrer » les visiteurs ?
    Le plus simple serait de garder les pièces en réserve.

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  2. Il y a là je pense, un message didactique; mais je crois de plus que le Pitt Rivers Museum ne possède pas de réserve ! Tout est (si je ne fais pas erreur) exposé ; 500 000 objets !

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  3. Bonjour Lyliane,
    Jepartage un peu l’avis de « Louvre-Passion ». Franchement quelle est la vocation d’un musée si ce n’est montrer, aider à appréhender des oeuvres, favoriser le partage de la connaissance à travers le véhicule des objets ?
    Merci d’évoquer ce tiroir. Il suscite des interrogations. Dés lors que la finalité du musée n’existerait plus, pourquoi ne pas restituer ces objets aux communautés aborigènes ?
    Bien amicalement,
    Bertrand

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  4. Peut-être est-il question de restitution ? Mais je n’en suis pas sûre, dès lors quid de la restitution de tous les objets cultuels !! Vaste problème dont on débat beaucoup en ce moment.
    Je l’évoquais dans le premier billet sur les churinga, où est la frontière entre l’accès à la connaissance (sans que ce soit celle des choses sacrées pour des initiés) et le secret ?
    J’ai du mal à bien comprendre ces revendications puisque la vue de ces objets ne nous permet pas d’avoir accès à leur sens profond (donc respect des personnes) mais de nous intéresser à des cultures, des modes de pensées qui ne sont pas les nôtres.

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