Oeufs de Pâques

Tahonga-auctionata-2016

J’ai découvert pour la première fois ces boules ovoïdes lors de l’exposition Soixante objets de l’île de Pâques, à la Galerie Louise Leiris en 2008. Les tahonga exposés avaient été collectés par la congrégation des Sacrés-Coeurs de Jésus et de Marie. Le premier missionnaire de cette congrégation à s’installer à Rapa Nui fut Eugène Eyraud en 1864. Avec lui commença un épisode marquant et sombre pour la mission de l’île de Pâques qui devait se terminer en 1873, chassée par la terreur qu’imposait le capitaine Dutrou-Bornier, s’étant autoproclamé roi de l’île en 1870 et ayant proprement réduit les habitants en esclavage.

L’interprétation de la forme du tahonga comme étant celle d’un oeuf semble valide (bien plus plausible que celle de noix de coco ou de coeur) car elle fait écho à l’importance de l’oeuf de sterne que devait aller chercher l' »homme-oiseau ».

Rapa-nui-tahonga-santiago

Ainsi, au sommet du cratère Rano Kau, au lieu de l’ancien village d’Orongo là où se tenaient les cérémonies rituelles de l’homme-oiseau, on a retrouvé plusieurs petroglyphes le représentant tenant un oeuf dans la main. Chaque printemps, les chefs envoyaient leur champion afin de nager jusqu’à l’îlot de Moto Nui pour y récupérer le premier œuf de sterne. Le tahonga apparaît évidemment comme un symbole fort de fécondité qui devait de plus s’imprégner du mana de la personne de haut rang qui pouvait être autorisée à le porter en pendentif.

MRAH_Tahonga

Celui-ci, issu des collections du Musée du Cinquantenaire à Bruxelles, provient de la célèbre mission franco-belge Métraux-Lavachery à l’île de Pâques des années 1934-35.
Depuis cette époque, les Musées Royaux d’Art et d’Histoire de Bruxelles conduisent un mission sur l’île. Depuis 2001, avec l’Université de Gand, ils mènent des fouilles archéologiques qui permettent d’éclairer encore maintenant de nombreuses questions que nous pose cette culture lointaine..
En profiter pour lire ou relire L’odyssée Pascuane. Mission Métraux-Lavachery, ïle de Pâques 1934-1935 de Christine Laurière. N° 3 des Carnets de Bérose.

Photo 1 : © Auctionata, vente 21 avril 2016.
Photo 2 : de l’auteure, La Merced, Santiago du Chili 2010.
Photo 3 : de l’auteure, MRAH Bruxelles 2008.

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