Hawaii au Linden-Museum

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Plumes rouges, plumes jaunes et noires, canines de chiens, mais aussi dents de sangliers et de requins tels sont les matériaux les plus reconnaissables des artefacts traditionnels d’Hawaii.
250 objets sont ainsi à l’honneur et jusqu’au 13 mai 2018 au Linden Museum de Stuttgart.
Comme pour cette « effigie » du dieu de la guerre Kuka’ilimoku, l’exposition a beaucoup emprunté aux collections de l’université de Göttingen.

Mahiole-gottingen

Ce sera en effet le sujet de l’une de mes prochaine notes dans la « saga » des artefacts polynésiens des voyages de Cook qui se déroule sur ce blog depuis l’été… car la petite ville allemande chantée par Barbara rayonnait de pleins feux sur l’Europe intellectuelle de la fin du siècle des Lumières.
George III, roi d’Angleterre depuis 1760, avait le titre de prince-électeur de Hanovre et était très sensible aux demandes d’acquisitions de « curiosités » de l’université de Göttingen. C’est ainsi qu’en 1781, il lui alloua une centaine de livres sterling pour l’achat d’objets naturels et artificiels nouvellement découverts dans les mers du Sud.
De plus, en 1799, ce sont 170 artefacts issus des collectes des Forster qui vont rejoindre la petite ville allemande et ce un an après la mort du père, Johan Reynold.
Bref une très belle collection des Mers du Sud dont cette incroyable et féroce figure, achetée par le marchand George Humphrey en 1782 (grâce à la dotation royale).

Tapa

L’exposition ne se limite bien sûr pas aux objets du XVIIIème siècle. Le Linden-Museum possède une collection exceptionnelle d’oeuvres mélanésiennes et dans une moins grande mesure des objets hawaiiens. Ceux-ci sont issus de collectes diverses :
Augustin Krämer, premier directeur du Linden-Museum de 1911 à 1915, participa à une expédition entre 1897 et 1899 qui aborda Hawaii.
Il y a encore Henri de Prusse, le frère cadet du Kaiser Guillaume II qui, lors de sa préparation comme officier de marine, fit à l’âge de 17 ans un tour du monde de 2 ans. En avril 1879, en escale à Hawaii, il fut reçu par la famille royale qui lui fit des cadeaux.
Quant à Herman Wiedemann, ce fut un très jeune membre d’équipage sur un bateau baleinier au milieu du XIXème siècle qui se maria avec une Hawaiienne et qui établit en 1869 la première plantation de cane à sucre à Hawaii. Il donna quelques objets à sa ville natale Hildesheim et nous en retrouvons ici.
On admirera de grands tapa au sein de cette exposition. Ils sont issus des collections du Linden Museum mais aussi du musée d’Histoire de Berne (Collection John Webber), de Göttingen (Collection Cook-Forster), d’Hanovre et Munich.
Une belle exposition qui laisse aussi la place à la création contemporaine… il ne nous reste qu’à regretter l’absence de traduction en anglais de la plupart des cartels et surtout du beau catalogue !

Photos de l’auteure, Exposition Hawaii au Linden Museum, Stuttgart, octobre 2017.

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