La loterie du 24 mars 1786 – 5

Leverian-museum-1850

Cette loterie constitue un épisode bien connu de l’histoire du célèbre musée d’Ashton Lever, celle de sa faillite.
Les recettes sur les billets d’entrée et la fortune d’Ashton Lever s’avérèrent en effet insuffisantes pour faire vivre l’Holophusicon. Lever proposa alors au Parlement britannique d’acquérir l’ensemble de ses quelques 26 600 spécimens mais il essuya un refus (Il y avait une grande inimitié entre Lever et Banks et ce dernier a certainement œuvré contre ce projet), et il se vit contraint d’organiser une tombola avec pour lot unique le musée lui-même.
8000 tickets furent vendus au prix de £1.1 alors qu’il avait espéré en vendre 36000 ! Mais, 45 jours durant on ne reçut pas de nouvelles du gagnant et Ashton Lever espérait que ce silence fut celui d’un généreux mécène qui ne souhaitait pas se faire connaître et qui avait ainsi permis de renflouer le museum !
Il fallut déchanter : Un certain James Parkinson apparut avec en main le billet gagnant. En fait, sa femme avait acheté un billet de la tombola puis elle était tombée très malade et était maintenant décédée. C’est en rangeant ses affaires qu’il découvrit le billet et réclama le museum.
Il avait 56 ans, aucune expérience et pensait pouvoir revendre rapidement le museum. Mais il n’en fut rien. Petit à petit il s’y intéressa et déploya beaucoup d’énergie pour développer de nouvelles possibilités. Si Lever fut le propriétaire du musée de 1775 à 1786 ; Parkinson en fut tout de même le détenteur pendant 20 ans : son nom, injustement, ne passa pas à la postérité.
Il déplaça le museum en 1789 au sud de la Tamise, à la Rotunda. (cf. le dessin ci-dessus).

Holophusicon1783

Sarah Stone fit le second dessin que l’on connait de l’intérieur du musée (cf. la gravure ci-dessus) qui conserva le nom du Leverian Museum, un hommage permanent au fondateur peut-être afin de ne pas froisser probablement ceux (haut placés) qui en voulaient à Parkinson d’avoir repris cette collection. C’était une opinion ingrate car à partir de 1789, Parkinson apporta une contribution importante en faisant publier des guides des collections, The Companion to the museum et il poursuivit l’enrichissement du fonds du musée avant de devoir, lui aussi, disperser en vente publique le contenu du Leverian Museum et ce vingt ans plus tard !

à suivre

Photo 1 : Front of the Leverian Museum, the Rotunda in Blackfriars Road, London. Dessin de Thomas Hosmer Shepherd © British Museum 1880,1113.5342.
Photo 2 : Vue du grand salon, gravure de W. Skelton d’après un dessin de Sarah Stone 1789 © British Museum 1867,0309.962

Votre commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l’aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l’aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l’aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l’aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s

Propulsé par WordPress.com.

Retour en haut ↑

%d blogueurs aiment cette page :