Brigitta Hauser-Schäublin

Abelam

Pour tout étudiant, chercheur ou simple amateur intéressé par la région du Sepik, le nom de Brigitta Hauser-Schäublin est incontournable. Il fait écho à ce dynamisme de l’anthropologie bâloise que j’ai déjà évoqué…
Ma « rencontre » avec cette grande dame de l’anthropologie du Pacifique, date de mon introduction à la culture Abelam dans les années 2000, confortée quelques années plus tard (2015) par son merveilleux ouvrage : Ceremonial Houses of the Abelam Papua New Guinea: Architecture and Ritual-Passage to the Ancestors.
D’abord journaliste à la suite d’un voyage en Inde qui l’a marquée, Brigitta Hauser-Schäublin suit des études d’anthropologie et de sociologie au début des années 70 à Bâle et a pour professeur Alfred Bühler et Meinhard Schuster. Ces rencontres seront décisives : elle entre comme assistante en 1971 au Musée ethnographique de Bâle et se joindra au projet de recherche initié par Schuster et axé sur la région de Sepik. Hauser-Schäublin, participant aux expéditions, recueille des données sur les aspects liés au genre ; un travail qui a abouti en 1975 à sa thèse Gender roles in Papua New Guinea.
En 1985, d’autres recherches sur le terrain l’ont menée à s’intéresser à la construction de maisons en Papouasie-Nouvelle-Guinée, d’où un nouvel ouvrage : Cult houses in northeastern New Guinea. On retrouvera Brigitta à Fribourg, travaillant sur les collections ethnographiques ; puis en tant que professeure invitée au département d’anthropologie culturelle et sociale de Cologne, et enfin en 1992 (et jusqu’en 2009), elle sera professeure titulaire de la chaire d’anthropologie à Göttingen.
Hauser-Schäublin a toujours souligné l’importance de la recherche sur le terrain et est repartie à maintes reprises, à Bali, en Indonésie et au Cambodge. Le coeur de ses préoccupations sont les questions du genre, l’organisation spatiale politique et la politique culturelle.

Kararau
Aujourd’hui, elle publie un nouvel ouvrage Women in Kararau. Gendered Lives, Works, and Knowledge in a Middle Sepik Village, Papua New Guinea qu’elle partage généreusement en libre accès.

« Le livre offre un aperçu d’une société du Moyen Sepik, les Iatmul, qui a été étudiée pour la première fois par l’anthropologue Gregory Bateson à la fin des années 1920, tandis que l’anthropologue féministe Margaret Mead travaillait sur les rôles sexuels chez les Tchambuli (Chambri) voisins.
L’auteur a vécu dans le village Iatmul de Kararau en 1972/3 où elle a étudié en détail la vie, le travail et les connaissances des femmes. Elle a revisité le Sepik en 2015 et 2017. Le livre, traduction d’une publication de 1977 en allemand, est complété par deux chapitres traitant de la vie des Iatmul dans les années 2010. Il présente de riches données quantitatives et qualitatives sur l’économie de subsistance, le mariage et les connaissances des femmes concernant les mythes et les rituels. En outre, des récits de vie et des entretiens approfondis permettent de mieux comprendre les expériences et les sentiments des femmes, notamment en ce qui concerne leurs relations variées avec les hommes au début des années 1970. Depuis lors, la culture Iatmul a changé à bien des égards, notamment en ce qui concerne l’économie, la religion, le savoir et les relations entre hommes et femmes ». (extrait du 4ème de couverture)

Télécharger Women in Kararau de Brigitta Hauser-Schäublin.
Ceremonial Houses of the Abelam Papua New Guinea: Architecture and Ritual-Passage to the Ancestors constitue une somme sur le sujet et est également disponible en libre accès :
Télécharger l’ouvrage
Photo 1 © Hauser-Schaublin.

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