Willowdean Chatterson Handy

Dans les expéditions lointaines, combien de participants ne sont pas passés à la postérité et sont restés méconnus, dans l’ombre d’un chef, d’un capitaine… Mais, parfois, et malheureusement ce n’est pas si souvent, on découvre après coup leur importance. Il en est ainsi par exemple des informateurs autochtones, des guides, mais aussi des femmes accompagnatrices de leur époux diplômé ou dont on a proclamé quelque autorité pour faire partie du voyage, et qui, elles, participent « au mieux » comme assistantes bénévoles.

C’est ainsi qu’à l’occasion du très riche colloque CTHS intitulé Collecter, collectionner, conserver et qui s’est tenu en ligne du 4 au 7 mai dernier, nous avons pu assister, parmi les nombreuses présentations, à celle de Véronique Dorbe-Larcade intitulée Willowdean Chatterson Handy sur le terrain : le Bernice P. Bishop Museum d’Hawaii et la préservation de la culture polynésienne (1919-1925).

Le point de départ de sa conférence fut le projet d’expéditions voulues par le Bernice P. Bishop Museum en 1919 afin de mener des études archéologiques et anthropologiques dans quatre régions polynésiennes : Les Marquises, les Tonga, les îles Australes et Hawaii. La première expédition fut financée par Bayard Dominick et le travail aux Marquises fut notamment assuré par l’anthropologue Ralph Linton et Edward S. Craighill Handy (docteur en anthropologie diplômé d’Harvard) accompagné de son épouse Willowdean Chatterson.

in Tattooing in the Marquesas

Et c’est là que Willowdean entre en scène, ne se contentant d’être une simple et pâle assistante ; elle va effectuer un très sérieux travail, proche de ce que Malinowski a alors qualifié d’enquête participative. Ainsi, s’intéressera-t-elle de très près aux tatouages, puis aux jeux de ficelles pendant lesquels et avec lesquels on raconte des histoires. Elle signera deux volumes dans la fameuse collection des bulletins du Bishop museum : le premier bulletin – 1922. Tattooing in the Marquesas disponible en ligne, et le 18ème – 1925. String figures from the Marquesas and Society Islands, disponible en ligne.

On la retrouvera de 1923 à 1924 à Maupiti , s’intéressant aussi aux procédés de vannerie, et elle signera de nouveau bulletin : 1927. Handcrafts of the Society Islands disponible en ligne.

Divorcée d’avec Edward S. Craighill, elle va poursuivre une carrière dans l’ombre des honneurs universitaires. Proche de Marau Taaroa, dernière reine de Tahiti, elle poursuit ses activités de recherche, travaille pour les services américains (?), est responsable d’associations universitaires…

Outre les bulletins du Bishop museum et des articles dans la Yale Revew, elle a publié trois ouvrages :

L’art des îles Marquises en 1938 (en français),

Forever the land of Men : An Account of a Visit to the Marquesas Islands en 1965

Thunder from the sea en 1965, une fiction disponible en ligne

Elle demeure une référence notamment pour l’étude des tatouages marquisiens.

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