Manteaux Maori

Vents d’Océanie nous convie à une rencontre avec Lisa Renard qui a consacré sa thèse à l’art de tisser des liens chez les Māori.

« Cette thèse analyse les relations que les Māori de Nouvelle-Zélande Aotearoa entretiennent avec leurs ancêtres par l’intermédiaire d’entités hautement valorisées qu’ils nomment taonga. Les taonga s’apparentent à des trésors ancestraux tangibles et intangibles transmis de génération en génération. Pour appréhender cette vaste catégorie et considérer « l’agentivité » relationnelle des entités qui la composent, j’ai choisi de m’intéresser à deux taonga que les femmes engendrent et mobilisent, avec le concours des hommes et des ancêtres : les manteaux māori (kākahu) et l’art du tissage au doigt māori (whatu) qui en permet la création.
Sur le terrain, suivre ces deux taonga m’a amenée à travailler auprès de celles et de ceux qui les conçoivent, les utilisent et les font circuler parce qu’ils ou elles ont la responsabilité d’agir en qualité d’intermédiaires entre les vivants et les ancêtres : les expertes-tisseuses (tohunga-whatu), les experts-tatoueurs (tohunga ta moko), les gardien·ne·s de trésors ancestraux (kaitiaki), les aînés (kaumātua) et les représentant·e·s de collectifs (reo kōrero). Détentrices des savoirs et des savoir-faire qui sont souvent qualifiés de traditionnels, ces personnes conçoivent et vivent dans un univers où la relation aux ancêtres est primordiale, notamment parce qu’elle permet aux vivants de faire face aux aléas de l’existence.
Afin de traduire et comprendre cette ontologie, je développe plusieurs approches conceptuelles telles que : les processus créatifs non linéaires nécessaires à l’engendrement des taonga, l’enveloppement des personnes, les circulations des personnes et des taonga, la continuité transgénérationnelle, l’ancestralité, l’espace sociocosmique et le tissage relationnel ».

Écouter l’interview


Légende de la photo sur le site Te Ara :
« Deux ailes complètes de faucon attachées avec du lin ornent la tête de Poahu (à gauche) dans ce dessin de George French Angas datant d’environ 1847. Son compagnon E Koti porte des plumes de faucon dans ses cheveux, qui sont également ornés d’ocre rouge et d’huile de requin. Les deux jeunes hommes viennent de Poverty Bay (côte est) et sont alors en visite à Mōkau, au pays des rois. Ils portent des korowai, identifiables par la lourde hukahuka (frange) noire au bord du cou et attachée en travers de leur cape. La cape de Poahu est portée par-dessus une chemise bleue, indiquant l’utilisation croissante de vêtements européens. Les côtés avant de la cape de son compagnon E Koti sont bordés de larges bandes de rayures horizontales colorées. Le pendentif d’oreille d’E Koti est une médaille de la mission jésuite, reflétant l’influence croissante des missionnaires. À droite, les enfants du chef Kāwhia Te Pakaru. Les deux filles portent des kaitaka avec des bordures tāniko richement brodées, tandis que le garçon debout à l’arrière porte un kākahu ou une cape de pluie en feuilles de lin non traitées, dont Angas a noté qu’elle était « généralement portée par temps humide, et par les indigènes lorsqu’ils travaillaient dans leurs plantations » ».

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