René Gardi dans le Sepik

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René Gardi est né en 1909 et il était à la base enseignant. Passionné par les voyages, il va dès les années 45 tenter de vivre de ses écrits, de ses photographies et de ses films. On le trouve ainsi en 1952 au bord du lac Tchad, et il y reviendra à deux reprises dans les années 50. Il a laissé une œuvre considérable sur l’Afrique ; celle-ci, semble-t-il, a été peu étudiée…
En 1955 il se rend en Nouvelle-Guinée et on lui doit un premier ouvrage, Tambaran, publié en 1956 ; puis on le retrouve en 1958 auprès d’Alfred Bülher sur le Sepik et les deux hommes réaliseront l’ouvrage photographique éponyme bien connu.

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L’année suivante, ils préparent un second séjour sur le terrain avec l’aide financière d’un groupe de sponsors du musée de Bâle. Mais René Gardi se retire du projet et repart pour l’Afrique qu’il affectionne.

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Suite au commentaire ci-joint, je vous invite à lire l’article de Frédéric Burnand : « Comment René Gardi a façonné le regard des Suisses sur l’Afrique » à propos du documentaire « African Mirror » de Mischa Hedinger.

Photos 1 et 2 © René Gardi à Ulupu, Nord Maprik, région Abelam in « Sepik ».
Photo 3 : René Gardi, nord Cameroun 1953, photo © Paul Hinderling.

2 commentaires sur “René Gardi dans le Sepik

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  1. Le site Swissinfo.ch a fait paraître, le 30 novembre 2019, un article de Frédéric Burnand, « Comment René Gardi a façonné le regard des suisses sur l’Afrique », à propos du documentaire « African Mirror » de Mischa Hedinger.
    « Avec « African Mirror », le réalisateur Mischa Hedinger revient sur le parcours du photographe et réalisateur René Gardi dans le Cameroun des années 1950. Ce documentaire montre que l’approche paternaliste, voire raciste, de René Gardi en dit plus sur la Suisse de l’époque que sur l’Afrique qu’il fantasmait.
    « J’ai toujours évité de présenter une vision biaisée de la réalité à travers mes images. » René Gardi n’a jamais douté de la dimension documentaire de son oeuvre, comme il l’explique en 1985 dans une lettre envoyée à un centre d’études africaines de Californie, au soir de sa vie.
    Une profession de foi que le jeune réalisateur Mischa Hedinger, également bernois, déconstruit avec son documentaire « African Mirror » à l’affiche actuellement en Suisse alémanique et le printemps prochain en Suisse romande.
    Mais pourquoi sortir de l’oubli un tel personnage ? « Quand la génération des baby-boomers pense à l’Afrique, les films de René Gardi émergent », écrit le quotidien bernois Der Bund dans un article consacré à « African Mirror ». Une notoriété confinée essentiellement à la Suisse alémanique où René Gardi fut très présent par ses livres, ses conférences et ses interventions dans les médias, même s’il toucha une audience plus large avec notamment « Mandara », un film tourné au Cameroun qui a obtenu en 1960 une mention spéciale au 10e festival international du film de Berlin dans la catégorie « Meilleur film documentaire adapté aux jeunes ».
    Sexe et colonies
    Les jeunes, René Gardi les appréciait à sa manière puisqu’il fut condamné en 1944 pour violences sexuelles à l’encontre de certains de ses élèves, alors qu’il était enseignant en Suisse. Cette pédophilie passée sous silence jusqu’à aujourd’hui, Mischa Hedinger a tenu à l’exhumer dans son documentaire en la couplant aux corps nus de jeunes camerounais filmés par René Gardi.
    « African Mirror » n’est pas pour autant un réquisitoire contre René Gardi, mais bien un questionnement sur les représentations de l’Afrique que René Gardi a contribué à façonner. Or la sexualité souvent prédatrice est au cœur de l’imaginaire colonial, révèle pour swissinfo.ch Mischa Hedinger, faisant écho à « Sexe, race et colonies », un ouvrage monumental publié l’année dernière à Paris, qui a fait grand bruit. »

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