« Il était une fois » commencent à Göttingen – 19

Heva-gottingen

Suite du Heva du Pitt Rivers Museum : la collection Forster n’est nullement confinée à Oxford et c’est à Göttingen, petite ville universitaire de Basse-Saxe que nous allons retrouver maints objets des voyages de Cook.
En effet la collection ethnographique de son Université est l’une des plus importantes de la sphère germanophone à s’être enrichie d’objets des voyages de Cook dès le début des années 1770, puis de manière plus conséquente en 1799 à la mort de Johan Reinhold Forster. On dénombre en effet environ 500 artefacts provenant de ces expéditions dont 92 sont identifiés comme ayant été collectés par les Forster.
C’est là qu’on peut contempler l’un des exemplaires complets de heva que l’on possède a priori issu de la collecte de 1774… mais la provenance de ce costume n’a pas été évidente à tracer.
Celui-ci résulte d’un achat effectué auprès du marchand George Humphrey par la Couronne Britannique en 1782. On sait qu’Humphrey avait acheté un heva au retour de la seconde expédition mais qu’il l’avait revendu en 5 lots en 1779 lors de la vente de sa propre collection qui lui avait été imposée par ses créanciers.
Il a peut être réussi à racheter les cinq parties afin de reconstituer le costume initial pour la Couronne Britannique qui l’a ensuite offert à Göttingen.
Mais pourquoi ces liens particuliers entre Göttingen, l’Angleterre et les Forster ?
BlumenbachL’ université de Göttingen fut l’une des plus grandes universités allemandes durant le XVIIIème siècle et il y avait là tout un cercle de savants de différentes disciplines. Parmi eux, Johann Friedrich Blumenbach était un médecin, naturaliste et physiologue ; il enseignait entre autres l’anatomie comparée et de par ses recherches il fut l’un des savants les plus influents de Göttingen, considéré comme le père de l’anthropologie physique.
La collection d’objets que l’on pouvait réunir à partir d’expéditions dans le monde entier constituait un élément fondamental aux yeux de Blumenbach qui voyait en eux le moyen d’étudier les civilisations lointaines. Joseph Banks, membre de la Royal Society de Londres, fut ainsi très tôt en relation avec Blumenbach et c’est probablement lui qui adressa à Göttingen des objets du premier voyage de Cook.
En 1782, ce n’est pas seulement le costume de deuilleur de Tahiti qui fut acquis mais un certain nombre d’objets. Un an après la mort de Johan Reinhold Forster, en 1799, c’est encore un lot important d’artefacts collectés uniquement par les Forster cette fois-ci qui arriva à Göttingen.
Les acquisitions en histoire naturelle n’étaient pas en reste puisque la collection des Forster composée de plus de six cents spécimens botaniques fut aussi expédiée à Göttingen. (Pour la petite histoire Georg Forster épousa en 1785 Thérèse, l’une des filles du philologue Christian Gottlob Heyne, un proche de Blumenbach… il y avait beaucoup de monde qui comptait à Göttingen en cette fin du siècle des Lumières...)

à suivre

Les objets conservés à l’université de Göttingen sont disponibles sur le site du National Museum of Australia : Cook-Forster Collection.
Ceux-ci feront l’objet d’un prochain article.
Source principale : Cook’s Pacific Encounters: The Cook-Forster Collection of the Georg-August University of Gottingen, catalogue de l’exposition au National Museum Australia, 2006.

Photo 1 : Costume de deuilleur © Cook-Forster Collection, université de Göttingen
Photo 2 : Portrait de Johann Friedrich Blumenbach © T.D.R.

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