Tahiti autrefois – 1

TePapa_Heads-of-divers-Natives-Tahiti

Je profite de ce temps lent pour compléter ce blog de notes issues des conférences que j’ai données au sein de l’association pendant ces 11 dernières années.
Il y a beaucoup de matière, et parmi elle j’ai choisi de reprendre la présentation réalisée en décembre 2014 et qui s’intitulait De la collecte à la collection : Arts de Polynésie.
Pour commencer, on peut se demander, quelles ont été notre premières sources de connaissances sur Tahiti ?
Les premiers navigateurs « connus » des Occidentaux à s’être rendus en Polynésie que ce soit Samuel Wallis 1767, Louis Antoine de Bougainville 1768, James Cook et les Espagnols du Pérou José Andria y Varela, Dominingo Boenecha en 1772 puis en 1774, tous ont mis généralement pied à terre afin de s’approvisionner.
Les questions concernant les autochtones sur leur culture, leur religion, n’étaient pas leur priorité d’autant plus qu’ils rencontraient un problème de langue. Néanmoins, nous avons quelques artefacts collectés (cf. par exemple toutes mes notes sur Cook et plus particulièrement autour du costume de chef deuilleur) mais sans vraiment d’explications.
Il faut attendre 1774 pour voir une première mission péruvienne débarquer dans le but de s’installer (et christianiser l’île). À son bord, deux Pères missionnaires, deux Tahitiens, et l’interprète Máximo Rodríguez, qui avait appris le tahitien au Pérou auprès d’insulaires ramenés 2 ans plus tôt par Boenecha.

isla-amat-1772

Le journal que tint Rodriguez est riche de ses observations sur la culture tahitienne de la fin du XVIIIème siècle. (Sa nouvelle traduction française en 1995 fut une réalisation de la Société des Océanistes).
Mais la mission espagnole repartira vite, en 1775, après le décès de Boenechea, et 22 ans avant l’arrivée du Duff de la London Missionary Society dont nous parlerons largement dans de prochains articles.
La carte ci-dessus est celle de Tahiti baptisée alors Isla de Amat, en l’honneur du vice-roi du Pérou, Manuel de Amat y Junyent, qui avait organisé les expéditions de Boenechea.
On pourra consulter la bibliographie donnée en 2014 pour cette présentation et parmi elle, je souligne l’excellent ouvrage de David Shaw King, Food for the flames. Idols and Missionaries in Central Polynesia paru en 2011 et qui constitue ma source principale.

Noter que le point de vue que j’adopte est bien sûr biaisé par le fait que je m’attache simplement à la connaissance des artefacts rapportés en Europe et leur contextualisation, et survole de ce fait l’Histoire de la Polynésie et des premiers « contacts ».
On lira avec intérêt un point de vue enrichissant et complémentaire dans l’ouvrage Océaniens de Nicolas Thomas, lequel se situant au XIXème siècle et du point de vue de l’historien,  montre bien qu’on ne peut se suffire d’une vision unilatérale de la progression des puissances occidentales dans le Pacifique, mais qu’il y avait plutôt « des itinéraires croisés de dizaines d’individus sillonnant le grand océan ».

Photo 1 : Heads of divers Natives of the Islands of Otaheite, Huaheine & Oheiteroah. Plate 8 in A journal of a voyage to the South Seas, in his Majesty’s ship the Endeavour, 1784, London, by Sydney Parkinson, T Chambers. Gift of Charles Rooking Carter. Te Papa (RB000268/026a)
Photo 2 : Carte de Tahiti 1772, extrait de l’article « Carnet de voyage – Pautu et Tetuanui, premiers Mao’hi baptisés à Lima en 1773 »

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