Rarotonga (suite)-10

idiens-jps85-1976
Ainsi que nous l’avons vu précédemment, le style des dieux-bâtons est proche d’autres sculptures de Rarotonga telles que les représentations du dieu des pêcheurs  qui étaient attachées à des pirogues. Mais que dire de leurs motifs ? De ces petites sculptures, pour la plupart masculines-féminines intercalées ?

En fait, on connaît peu de choses sur la fonction de ces représentations. Ces dieux-bâtons ont été amalgamés au dieu Tangaroa, le créateur de toute chose et associé à  la couleur rouge en raison des plumes rouges retrouvées dans les tapa qui enroulaient ces sculptures et autres semblables. Mais ceci n’est qu’une interprétation. Outre le fait de pouvoir être le réceptacle agentif d’une divinité (Tangaroa ?) lors des cérémonies, il a aussi été suggéré que ces objets étaient des bâtons généalogiques du lignage de familles royales. Qu’ils aient ou non un caractère « royal », on peut cependant remarquer qu’ils sont visiblement associés aux principes masculins et féminins de reproduction. 

Détail du dos de l’extrémité du dieu-bâton. Vente Sotheby’s2014
Extrémité du dieu-bâton, vente Sotheby’s 2011

 

La vue de dos du bâton montre des incisions qui semblent reproduire une colonne vertébrale (cf. ci-dessus), et compte tenu de l’importance qu’occupent les récitations généalogiques dans traditions orales polynésiennes, j’adhère à l’affirmation d’Adrienne Kaeppler dans L’Art Océanien (Kaeppler, Kaufmann& Newton, Citadelles & Mazenod; 1993 p.66) : « Cette iconographie rend compte du principe de la succession en ligne paternelle, l’accent étant mis sur le pouvoir procréateur du mâle et sur la colonne vertébrale symbole de la lignée.  Les figures féminines intercalaires illustrent l’importance des femmes dans la hiérarchie et dans la transmission héréditaire, mais elles ne font qu’assurer la continuité de la lignée masculine. »
Mais ce n’est aussi qu’une hypothèse…

Les planches ci-dessus montrent une collection impressionnante de dieux-bâtons. Il s’agit de celle du célèbre marchand d’art William Ockelford Oldman.


Que ce soit pour cet article, les précédents et ceux à venir, on lira avec plaisir et beaucoup d’intérêt l’excellent article de Steven Hooper La collecte comme iconoclasme in Gradhiva 7, 2008.

Photo mise en avant : Détail du dieu -bâton Oc1978, Q.845 © British Museum.

Photo 1: in « A recently discovered figure from Rarotonga« , Dale Idiens, The Journal of the Polynesian Society, Vol. 85, No. 3, septembre 1976.
Photo 2 : Vue de dos du dieu-bâton de la collection Frum, vente Sotheby’s 2014
Photo 3 : Extrémité du dieu-bâton, vente Sotheby’s 2011.
Photos 4 et 5 : Planches in «The Oldman Collection of Polynesian Artifacts» in The Journal of the Polynesian Society, Volume 47 1938, Memoirs,  No. 15 consultable en ligne 

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