Des livres pour l’été

L’été est la bonne saison pour rattraper les parutions plus ou moins récentes. En voici une sélection, plutôt orientée histoire et arts du Pacifique.

Outre l’excellent ouvrage de référence de Dominique Barbe : L’Océanie ancienne : de Maui à Kamehameha Ier déjà signalé ici, voici une nouveauté :

Louis Lagarde, archéologue et historien d’art de formation, lève le voile sur une production artistique fascinante et douloureuse. À travers l’étude d’objets finement ciselés dans les bagnes calédoniens, l’ouvrage explore une facette méconnue de l’histoire coloniale où la nacre locale devient le support d’une expression plastique singulière : Graveurs sur nacre: L’art des Forçats de Nouvelle-Calédonie, Au vent des îles, 2026

Un tout nouvel ouvrage de Cristián Moreno Pakarati, Diego Muñoz, Philipp Schorch : German–Rapanui Entanglements: Collecting, Knowing and Remembering Easter Island,  Leuven University Press 2026. Disponible en ligne via le Projet Muse.

Les auteurs reconstituent l’histoire des relations germano-rapanui, de leurs origines jusqu’à aujourd’hui, en s’appuyant sur les rencontres entre chercheurs, missionnaires, institutions et acteurs autochtones, ainsi que sur les traces matérielles et visuelles — objets, photographies, écrits — qui, encore aujourd’hui, continuent de nourrir la connaissance et la mémoire de Rapa Nui.

Antoine Lilti, historien, spécialistes des Lumières, suit les Tahitiens qui ont eux-mêmes voyagé en Europe au XVIIIe siècle, aux côtés de Bougainville et Cook. L’illusion d’un monde commun : Tahiti et la découverte de l’Europe, Flammarion 2025.

Marin Ledun, publie un court roman noir bien documenté Eiao, Au vent des îles 2026. L’intrigue a pour décor l’île déserte d’Eiao, aux Marquises et aborde la mémoire blessée de la Polynésie face à l’histoire coloniale contemporaine.

Et avec un pas de côté géographique, une nouveauté à signaler avec Inua — L’imaginaire arctique de Jean Malaurie, Éd. Dépaysage, 2026 où Jan Borm (dir.) réunit textes inédits et témoignages autour du grand ethnologue de l’Arctique, disparu en 2024. Photographies et objets issus de ses collections arctiques, données à l’Institut océanographique de Monaco, complètent cet hommage à celui qui fut, le premier Français à atteindre le pôle géomagnétique Nord, aussi un infatigable défenseur des peuples premiers.

et en séance de rattrapage :

Éric Conte, lui est spécialiste d’ethnoarchéologie océanienne. Il relate la construction des pirogues, les techniques de navigation, et les tentatives contemporaines de refaire ces traversées pour comprendre l’exploit qu’elles représentaient dans son ouvrage Sur le chemin des étoiles : navigation traditionnelle et peuplement des îles du Pacifique, Au vent des îles, 2023.

Christophe Sand, dans Hécatombe océanienne : histoire de la dépopulation du Pacifique et ses conséquences (XVIe-XXe siècle), Au vent des îles, 2023, traite de l’effondrement démographique des sociétés du Pacifique après le contact, ses causes multiples, et ce qu’il continue de produire aujourd’hui.

Enfin, un témoignage : William Lockerby, Le santal et les cannibales : mémoires des îles Fidji, Anacharsis, 2020. Il s’agit de la réédition du témoignage d’un Écossais parti collecter du bois de santal aux Fidji en 1808, et abandonné par son équipage. Une source de première main sur des sociétés fidjiennes du début du XIXe siècle, avant que le commerce du santal ne s’éteigne définitivement en 1815.

De quoi nourrir de belles et profondes réflexions au fil des pages !


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Un commentaire sur “Des livres pour l’été

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  1. Merci Martine pour ce billet riche en lectures d’été… je me permets d’y ajouter pour la fiction l’excellent roman Aatea d’Anouck Faure (voir post sur Pacific Arts du Pacifique)… Bel été à toi

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