Beatrice Blackwood en Nouvelle-Bretagne

« Gold-Lip shell » Arawe, collecté par B. Blackwood © Pitt Rivers Museum 1938.36.1282

Beatrice Blackwood est une figure incontournable de l’anthropologie anglaise du début du XXème siècle. C’est en 1929, qu’elle arrive pour un « terrain » dans le Pacifique plus précisément dans les îles de Buka et de Bougainville. Travaillant pour le Pitt Rivers Museum, elle repart en 1936 pour l’intérieur de la Nouvelle-Guinée. En 1937, on va la retrouver sur la côte sud de la Nouvelle-Bretagne où elle séjournera 4 mois à Kandrian. Elle explore alors des villages de l’intérieur et les petites îles alentour. Elle va collecter 275 objets pour le museum et rapporter une large documentation.

Son informateur, appelé Magnin, lui permit d’acheter notamment plusieurs disques de pierre perforée (mukmok et singa), un ornement de défense de porc et une monnaie « Gold-lip ».(voir l’article précédent)

Singa © PRM 1938.36.1278
Mukmok © PRM 1938.36.1277
« Gold-Lip » © PRM 1938.36.1281
Pectoral © PRM 1938.36.1275
Monnaie Iyi © PRM 1938.36.1284

C’est à Kandrian précisément, sur la côte sud de Nouvelle-Bretagne, que se sont succédé des anthropologues plus ou moins célèbres : Gosden & Knowles, dans leur ouvrage Collecting colonialism, dressent ainsi le portrait de John Alexander Todd, un anthropologue qui s’y installe après Lewis et Speiser mais avant l’arrivée de Blackwood.

Il est très jeune quand il arrive (22 ans) avec une bourse du Conseil national australien de la recherche, affilié au département d’anthropologie de l’université de Sydney. C’est l’époque où A. R. Radcliffe-Brown et de Raymond Firth y étaient enseignants (1926-31 pour le premier et 1929-32 pour le second). Todd reste un an sur le terrain, de mars 1933 à avril 34, et collecte 245 objets et prend plus de 1000 photographies. Malheureusement ses notes et la plupart de ses photographies ont été perdus. Il reste les 3/4 de sa collection d’objets à l’Australian Museum de Sydney, comprenant des artefacts classiques de la culture Arawe (boucliers, sarbacanes, ornements…).

Deux guerriers Arawe, photo B. Blackwood 1937 © Pitt Rivers Museum P.13.222-1937

Sa collection a ceci de particulier (d’après Gosden & Knowles) qu’elle comporte un grand nombre de matériel féminin (sacs, paniers et jupes). Les seules femmes présentes sur ce terrain, Phebe Parkinson et Beatrice Blackwood, ayant beaucoup moins prêté attention à ces objets. En outre, on a encore quatre articles de Todd, disponibles dans la revue Oceania  (Vol.5 – 1 et 2, 1934/Vol.5 – 4, 1935/ Vol.6 – 4, 1936).
En 1937, il tourne la page, suit des cours de droit puis devient avocat…

Quant à Béatrice Blackwood, elle poursuit son terrain en Mélanésie et rentre en 1938 en Angleterre, rapportant dans ses bagages près de 2000 objets pour le Pitt Rivers Museum. Un an environ après son retour, le conservateur Henry Balfour meurt et, avec son collègue Thomas Kenneth Penniman, elle va se retrouver à la tête de la célèbre et prestigieuse institution !

À suivre

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