Gerrard & Sons et la vente Davis (3)

Couverture du catalogue de la collection Davis © British Museum

Il suffit de consulter Gerrard & Sons. A taxidermist Memoir de P. A Morris pour découvrir l’incroyable entreprise de taxidermistes  et de fabricants de modèles anatomiques (ils préparaient les squelettes utilisés dans l’enseignement de l’anatomie comparée et l’anatomie animale) que constituait dans la seconde partie du 19ème siècle la maison Gerrard&Sons. Mais dans cet amoncellement d’animaux empaillés, que venaient faire nos objets des mers du Sud collectés par l’Amiral Davis ? En fait, créée en 1850 par Edward Gerrard alors employé au département de zoologie du British Museum, l’entreprise a réellement commencé à s’intéresser aux artefacts du Pacifique lorsqu’elle s’est vue confier la vente de la collection de Davis. Davis avait vu à juste titre dans cette société, la possibilité d’accéder à un conséquent réseau de relations avec de nombreux musées et collectionneurs britanniques et même par-delà l’Angleterre. Ces derniers constituaient alors des collections qui réunissaient bien souvent zoologie, botanique et ethnographie, et Gerrard & fils était devenue une maison à la croisée de ces chemins.

Charles Gerrard dans l’entreprise familiale on http://www.taxidermy4cash.com/gerrards.html

Ainsi lorsqu’il s’est agi de se mettre en quête des objets de Davis dispersés, quoi de plus naturel pour Alison Clark que de rechercher dans les archives de Gerrard & Sons les livres de comptes mentionnant les ventes de ces artefacts. Hélas elle ne trouva rien !  Le seul document utilisable reste donc le catalogue que Davis fit publier et qui existe de nos jours en 5 exemplaires conservés respectivement au British Museum, au Horniman Museum, au Rautenstrauch-Joest Museum de Cologne, à la Turnbull Library de Wellington, et le dernier actuellement détenu par l’anthropologue Jonathan King, acheté lors d’une vente de la succession du collectionneur Kenneth Athol Webster.

Il semble que le « premier choix » des objets en vente ait été réservé au British Museum. En 1894, Augustus Wollaston Franks, grand collectionneur et directeur du département des antiquités médiévales et britanniques et des collections ethnographiques, responsable de la collection Christy, a effectivement acheté 14 artefacts sur ses fonds propres pour la collection Christy, tandis que Davis en a exceptionnellement donné 69 directement à la collection Christy. (Celle-ci avait été acceptée pour sa grande majorité comme donation au British Museum). Il faudra attendre 1904 pour voir 34 autres objets « Davis » achetés cette fois avec les fonds du Museum et toujours directement à Gerrard & Sons.

En-tête d’une facture de la maison J.F.G Umlauff, 1900

Dans les archives de l’entreprise basée à Hambourg, J.F. G. Umlauff, qui figurait alors parmi les plus importants revendeurs d’objets ethnographiques et d’histoire naturelle en Europe,  Alison Clark remarque que celle-ci a acquis en 1894 un nombre « inconnu » d’artefacts de la collection Davis auprès de la maison Gerrard & Sons. Ce n’est qu’au début du XXème siècle qu’une autre série d’achats sera réalisée cette fois-ci par 4 autres musées britanniques et un musée néerlandais, mais aussi par les grands collectionneurs que furent Harry Beasley, James Edge-Partington…

À suivre…

Votre commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l’aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l’aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l’aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l’aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s

Propulsé par WordPress.com.

Retour en haut ↑

%d blogueurs aiment cette page :